Kitchen my dear

Ce week-end, une copine en vacances à Rio me demande s’il y a une caricature de la femme d’expat !

J’ai répondu du tac au tac : bien sûr !

Mais au fait, quel est le portrait de la femme d’expat exactement ?

Bien, il y en a plusieurs évidemment mais si on caricature, je dirais qu’il y en a essentiellement deux : la Thermomix addict et la KitchenAid addict !

La deuxième catégorie n’est jamais invitée chez la première et maintenant que j’y pense, inversement c’est pareil !

La Thermomix addict c’est celle que décrit un peu ma super copine Florence FORESTI* :

– la working mother, l’épouse attentionnée, la parfaite maitresse de maison, la mère exceptionnelle, la Chef Manager d’une tribu exemplaire (5 enfants, tous délégués de classe, 1er en math, doués pour le théâtre et les langues),

– le parent-délégué, le parent volontaire pour la classe de neige ou classe verte, le parent responsable du cadeau de fin d’année pour la maitresse,

– la femme qui soutien et récolte les fonds pour les enfants défavorisés mais qui vend tout sur internet : le biberon du petit dernier, le body 2€ et le lot de 5 à 9€, le babycook et les Playmobil…

– celle qui recommande chaleureusement sa femme de ménage : elle est merveilleuse ! ‘’évidemment elle a travaillé chez moi voyons !’’

– enfin c’est celle qui utilise son Thermo pour concocter des plats parfaits, tout lisses, tout verts, tout oranges ou tout blancs et des sorbets ! Wahouuu des putains de sorbets avec des morceaux mais uniquement fraise ou fruits rouges ! ça doit pas marcher aussi bien avec les autres fruits !

C’est une caricature bien entendu !

Alors que la KitchenAid addict c’est :

– l’épouse boulet : ‘’tes gosses ce we tu t’en occupes car tu vois là, je suis crevée oui je sais toi aussi et on se demande bien pourquoi car ton boulot à coté du mien c’est que dalle ! Moi je parle à des mômes toute la journée, une conversation avec des bulots parfois crois-moi ça fatigue le cerveau alors que le tien est au top !’’

– l’apéro mother : ‘’oui chéri je suis désolée, je viens de faire un skype-l’apéro, tu as du jambon dans le frigo ! Oups il n’y a plus de rosé !’’

– la fashion accro : ‘’tu as encore acheté un maillot de bain ? tu en as combien ?’’ Pas assez c’est clair !

– celle qui ne verse pas un rond pour les associations, qui ne vend rien sur internet mais qui donne tout à sa femme de ménage !

Mais surtout, surtout, la KitchenAid addict n’utilise JAMAIS son KitchenAid car c’est juste pour la déco voyons !

Je vous laisse deviner dans quelle catégorie je me trouve !

Facile ! Je suis la magnifique caricature de la femme d’expat pas parfaite, mother fucker : la KitchenAid Addict of course !

* non je ne connais pas personnellement Florence, c’est une maniere de parler

Paola

midi pyrenee

Expat qui moi ?

C’est drôle, on me l’avait pourtant dit ! Mais je me disais : non pas avec moi, rien ne changera, tout sera comme avant, avant que je m’expatrie !

Je vis juste un peu plus loin mais pour le reste c’est du tout pareil !

Comme si j’habitais à Paris et les autres en province !

On se verra moins souvent mais ce sera tellement plus intense, on aura tellement de choses à se dire…

Je raconterai ma vie au Danemark, en Hongrie, en Roumanie, au Bresil …

Un festival de curiosité ! Tout le monde aura soif de connaitre tous les détails de ma vie si passionnante et si différente n’est-ce pas ?

Punaise j’atterrie sur le derche car ce n’est pas vraiment le cas il faut bien le reconnaitre !

Il ne faut pas s’y méprendre, les autres ne s’intéressent pas vraiment à votre vie d’expat ! On a plutôt la fâcheuse tendance à vous oublier à l’autre bout du monde !

Toutes ces destinations ce n’est pas très parlant finalement !

C’est comment Copenhague ? Il doit cailler chez les vikings et tu dois manger beaucoup de saumon fumé ?

Ben non il ne neige pas plus qu’en France et on mange surtout du hareng.

C’est comment Budapest ? C’est une belle ville je crois ? A moins que ce ne soit Bucarest, je confonds les deux !

Ben oui c’est une très belle ville BUDAPEST !!!!

C’est comment Bucarest ? Ma pauvre tu n’as pas de bol avec tous ces roms ? A moins que je ne confonde avec Budapest !

Eh bien non ce n’est pas une punition de vivre à BUCAREST et tous les roms sont à Paris !

Vivre à l’étranger ce n’est pas un projet de vie pour tout le monde ! Et quand vos propres enfants en rajoutent une couche, cela ne fait que confirmer !

Tu aimes vivre à Rio Oscar ?

Non je n’aime pas c’est bien pour les vacances mais je préfèrerais vivre à Auch (je précise au cas où : c’est dans le GERS !)

Mais si par malheur on développe un peu,  on n’intéresse plus grand monde ou alors on passe pour une frimeuse egocentrique ! Qui moi une frimeuse ? Une egocentrique ? Ben voyons !

Elle ne parle que d’elle mais ce n’est pas de sa faute, elle vit dans un autre monde, elle est expat !

C’est comment  Rio ?

C’est bien, c’est super joli.

J’ai bien compris maintenant ! J’en dis le moins possible quitte à passer pour une blasée voire une  belle truche ! 

Elle n’a rien à dire sur Rio !

Et puis je suis une ingrate, je ne fais pas assez d’efforts, je ne vais pas voir ma grand-mère lors de chacun de mes retours en France, je ne prends pas le temps de discuter, je suis toujours à fond, je suis une égoïste, je suis pétée de tunes ! Ah bon ?

Voilà voilà, je crois bien que je suis une nouvelle personne, je suis une expat !

Paola

midi pyrenee

Pourboire ou pas pourboire ?

Les  brésiliens sont les rois du pourboire ! On passe son temps á faire de la monnaie !  On laisse la piéce pour tout type de service !

Alors pendant les fêtes de noel c´est festival !

Des petites boîtes sont prévues pour le fameux pourliche de fin d´année ! Pourliche pour les portiers (immeuble surveillé 24h/24, ils sont au moins 4 !), pourliche pour ma femme de ménage, pourliche pour le pisciniste, pourliche pour le plagiste…..

Quoi pauvre despereate ?

Bref,  ça coûte une paye de cantonnier ou plûtot celle d´un Directeur General de Laboratoire cette histoire au bout du compte !

Et un stress de dingue chaque fin d´année ! Combien je dois donner á chacun ? Heureusement une amie qui vit au Brésil depuis un bout de temps, m´a fait part des bonnes pratiques afin de ne blesser personne !

Et c´est trés important de ne froisser personne et surtout pas son coiffeur !!

Je l´ai compris depuis peu, le pourliche y est pour beaucoup dans la maniére dont sont traitées ou plûtot ridiculisées les clientes.

Au début, j’étais très généreuse et versais un pourboire confortable aux 4 personnes qui s´occupaient de moi ! Mais vu la blinde que j´y laissais chez ce coiffeur de LEBLON, j´ai vite renoncer aux pourboires ! Merde aprés tout, moins de pourboire c´est plus d´argent de poche pour mes petites emplettes ! Une paye de cantonnier pour mes bikinis il faut au moins ça !

Malheureuse, que n´avais-je pas fait lá ! La tête que j´ai pendant la pause de ma couleur est une halucination ! Nossa !

Non cela ne peut pas être moi : deux couettes et la raie au milieu ? Punaise si l´affreuse c´est bien moi ! Heureusement personne ne me connaît ! Sâle coloriste !

Bon, la tête de ma voisine n´était pas mieux, une pas généreuse non plus c´est sûr !

Pourboire ou pas pourboire alors ?  Pourboire pour les coloristes com certeza !

Paola

midi pyrenee

Expat et potes

‘’Il y a un avant et un après dans nos relations avec nos amis quand on est expatrié ‘’

Vlan cet article me claque aux oreilles, m’interpelle et m’interroge !

C’est vrai ou pas ?

L’expatriation est-ce que cela change notre rapport aux autres ?

Quand on est expatrié, les rencontres se font vite très… amicales !

Le conjoint de l’expatrié a cette mission importante et cruciale de rechercher dans un espace-temps court, des supers copines pour enrichir sa nouvelle vie.

Alors les expatriés ont généralement une vie sociale riche !

Tellement riche que pour lancer une invitation à diner il faut s’y prendre des mois à l’avance ! L’expatrié a comme un agenda social de ministre !

Toutefois, il faut bien reconnaitre que les relations sont souvent superficielles, on ratisse large comme on dit grossièrement, puis on resserre le cercle et seules certaines deviennent profondes et sincères !

Mais concernant nos vieux amis, ceux d’avant l’expatriation, les vrais depuis toujours, ceux avec lesquels on a construit, avec beaucoup de temps pour le coup, une relation forte ! Ceux qui ont partagé nos moments les plus importants !

Elle devient quoi lorsqu’on part s’expatrier, cette amitié ?

Change-t-elle ? Proportionnellement inversée à celle entre expat, avec le temps notre vieille amitié devient-elle finalement plus superficielle ?

Le fond importe t’il toujours ? Nos vies et nos priorités sont-elles encore les mêmes ?  On se comprend toujours ?

Ben non, ça change bien sûr ! Qui a changé ?

J’ai forcément changé, mes préoccupations ne sont pas les mêmes mais pour autant sont-elles plus légères ?

Pour certains de mes amis, j’ai la vie facile et d’ailleurs je ne suis plus dans la vraie vie, je suis déconnectée des dures réalités car je vis, en quelque sorte, dans une espèce de club de vacances  !

Aussi au début, on ne comprend pas très bien tout ça ! On en veut un peu à ses amis de ce détachement. On se sent encore plus isolée au bout du monde, d’où peut-être cette course à la conquête de nouvelles amitiés !

Est-ce une fatalité de l’expatriation pour autant, ce changement dans nos relations ?

Je ne sais pas si cela est une fatalité, ce n’est pas vraiment mon genre la fatalité de toute façon !

Une relation amicale est une relation et comme pour l’amoureuse, il faut faire des remises en question, des concessions et des adaptations pour la faire perdurer !

Alors oui, il y a un avant et un après dans les relations avec nos amis quand on est expatrié mais un après…. meilleur !

Paola

midi pyrenee

Tu fais quoi comme job ?

Bonne question ! Quel est le job du conjoint d’expat ? ont-ils tous un job ? Veulent-ils tous avoir un job ?

Cette question est la grande question posée souvent au conjoint de l’expatrié ! la question piège ? la bonne question à poser ?

Ce matin, je faisais partie d’un groupe de 4 femmes d’expat interviewées par 22 étudiants en MBA spécialisé en Gestion des RH et de la mobilité internationale . Notre intervention bouclait leur séminaire RH à Rio, le point de vue du conjoint dans une expatriation intéresse désormais les Ressources Humaines.

Ben il était temps ! Car jusqu’à présent seul notre avis sur le choix du logement comptait vraiment ! Je caricature mais c’est un peu ça tout de même.

Ce point de vue n’est tellement pas sollicité que même mon cher et tendre lorsque je lui ai fait part de mon intervention dans ce programme, m’a illico demandé de recommander l’intervention de sa DRH expatriée car cela pouvait beaucoup intéresser les étudiants !

Mais merde on s’en tape un peu du point de vue de ta DRH ici ! En revanche celui de son mari intéressera beaucoup les étudiants !

Pourquoi notre avis compte t’il désormais pour les RH ?

Il compte car tout simplement la réussite d’une expatriation passe par l’adaptation de tous les membres de la famille. Le conjoint d’expat s’attachant à aider l’adaptation des enfants, mais alors qui s’attache à aider celle du conjoint de l’expat ?

Les RH réfléchissent désormais à la question. Que peuvent faire les RH pour aider le conjoint dans l’expatriation ?

Sachant que tout de même la grande problématique est le job !

La caricature de la parfaite mère de famille nombreuse, bien catho, bardée de diplômes mais n’ayant pas ou peu bossé et ne cherchant pas à bosser est obsolète !

Le profil de la femme d’expat a changé ! Aujourd’hui le conjoint d’expat dans la grande majorité des cas, a lâché son super job, a fait une croix sur sa superbe carrière pour suivre son conjoint en expatriation !

Ce n’est pas pareil et ça pose forcément des problèmes ! Un conjoint malheureux et non épanoui est un risque d’échec de l’expatriation !

Oba enfin, on pense à nous !

Les étudiants ont souhaité savoir si la société de notre mari nous demandait un feedback régulièrement ?

Ben non car j’imagine que le feedback est demandé à l’expat pas à son conjoint !

A la question : que pourrait faire la RH pour aider le conjoint d’expat ?

J’ai répondu que les cours de langues c’était très bien mais que franchement ce que recherchent avant tout la plupart des femmes d’expat qui souhaitent travailler, c’est que l’entreprise les aide à trouver un job dans le pays d’expatriation ou les aide à monter leur projet emploi ou autre (artistique, entrepreneuriat…) au travers de cours de langues, d’une formation, l’obtention d’un visa de travail, la mise en place d’une solidarité inter-entreprises pour l’embauche d’un conjoint….

Et pour celles qui ne veulent pas travailler alors ? Ben je propose que l’entreprise augmente la prime de rideaux ou mette en place une nouvelle prime…. la prime maillots de bain  J’adorerais cette prime !

Tu fais quoi comme job ? Je suis femme d’expat depuis 10 ans et je commence à avoir une sacrée grosse expérience professionnelle !

Paola

midi pyrenee